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Congrès des maires : le CNER veut une meilleure articulation avec l'Etat

Pour le CNER, les agences et professionnels du développement économique sont trop ignorés et insuffisamment soutenus

Congrès des maires : le CNER veut une meilleure articulation avec l'Etat


Le congrès des maires faisait ces jours-ci son grand retour après l'annulation de l'édition 2020. Près de 8 000 participants selon l'organisation ont fait le déplacement cette année, confirmant la place incontournable de ce rendez-vous dans l'agenda des territoires.

 

C'est dans ce cadre que le président du CNER, Frédéric Cuvillier, a été invité à intervenir devant plusieurs centaines d'élus lors d'une table ronde en plénière consacrée aux relations entre l'Etat et les collectivités, notamment pour soutenir une approche durable du développement économique.

 

En présence de la ministre déléguée à l'industrie, Agnès Pannier-Runacher, et aux côtés de Carole Delga (présidente de Régions de France et d'Occitanie), de Mathieu Klein (maire et président de la métropole de Nancy) et d'Isabelle Le Callennec (maire et présidente de l'agglomération de Vitré), Frédéric Cuvillier a eu à cœur de rappeler des points forts :

  • les professionnels de l'attractivité et du développement économique représentent 8 à 10 000 personnes en France. Ils constituent une armée de terrain mobilisable par l'Etat pour déployer des programmes, des politiques, mais aussi pour les améliorer et les adapter aux besoins locaux ;
  • il y a pourtant un manque terrible d'articulation entre l'Etat d'une part et ces professionnels, les agences de développement d'autre part. 15% au mieux des agences de développement sont aujourd'hui impliquées dans le programme Territoires d'industrie alors qu'elles sont les spécialistes du soutien territorial aux entreprises. Il en va de même concernant le plan de relance. Que l'Etat ne s'appuie pas sur cette force de terrain qui contribue à la relance, aux relocalisations, à la réindustrialisation, est difficilement compréhensible ;
  • une nouvelle culture de la collaboration avec les territoires et cette communauté de développeurs économiques doit être insufflée au niveau de l'Etat central pour plus d'efficacité, à l'instar des nouvelles méthodes développées aujourd'hui par Business France avec les agences régionales de développement ;
  • les développeurs économiques sont soumis à des injonctions contradictoires (par exemple, relocaliser et réindustrialiser Vs consommer moins de foncier). Si les métiers de l'attractivité et du développement économique doivent se transformer dans les années à venir, en intégrant les enjeux environnementaux et sociaux, un effort conséquent doit être fait en matière de réflexion sur les méthodes mais aussi de diffusion des meilleures pratiques et, surtout, de formation. Le soutien de l'Etat aux fédérations d'acteurs territoriaux engagées sur ces points doit être plein et entier, à rebours des réductions continuelles de financement que subissent celles-ci. Une évolution forte du métier est certainement nécessaire mais elle ne se fera pas toute seule !
  • il est nécessaire que l'Etat reconnaisse l'existence et le rôle crucial des développeurs économiques, qu'il s'implique dans l'animation de cette communauté, qu'il lui facilite la vie, qu'il la soutienne. C'est un élément-clé pour mobiliser pleinement toutes les forces vives de nos territoires autour des grands défis territoriaux devant nous.

 

Des messages que Frédéric Cuvillier a affirmé avec conviction, applaudis par la salle à plusieurs reprises, et qu'il faudra de nouveau diffuser dans les prochains mois, à l'aune des échéances nationales qui se profilent.

 

Antoine Angeard