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Les métropoles, des accélérateurs de croissance ? Retour sur la rencontre économique de l'IGPDE

Remaniées par la loi MAPTAM, les métropoles sont aujourd’hui un chantier nouveau pour les politiques publiques. Quelles sont leurs spécificités ? Pour quel projet de développement ?

Les métropoles, des accélérateurs de croissance ? Retour sur la rencontre économique de l'IGPDE


Ce mardi 20 juin, l’institut de la gestion publique et du développement économique organisait une rencontre économique sur le thème des Métropoles, accélérateur de croissance. Etaient réunis pour l’occasion :

  • Nadine Levratto, économiste, directeur de Recherche au CNRS
  • Frédéric Lainé, économiste, observatoire de l’emploi - Pôle Emploi
  • Michel Ruffin, Direction de la coordination et du Pilotage Transverse, Conseil régional Île-de-France

Quelles caractéristiques des métropoles ? Entre forces de convergence et forces de divergence

 

Historiquement, les métropoles se définissent par leur structure spatiale, hiérarchique et administrative. Elles sont le lieu d’intégration des richesses produites sur et hors du territoire. Les effets d’agglomération induits permettent de penser que la métropole est plus qu'un chef lieux administratif. La proximité géographique entre activités économique a un effet global positif qui s’explique par la convergence de forces :

  •  rendement croissance de la production (baisse des couts de transaction)
  • open innovation (accès au marché, concurrent, fournisseurs) : amélioration de la circulation des connaissances
  • meilleur appariement de l’offre et la demande de travail (possibilité de chaine de valeur complexe)

Toutefois, les travaux présentés par Nadine Levratto montrent que les métropoles n’ont pas toutes le même niveau de performance. L’effet métropolitain n’est pas non plus garanti d’une période à une autre. Ce phénomène de reflux s’explique par l’existence de forces de divergence : rareté foncière, congestion des réseaux, etc. Même si les régions polarisées montrent des taux de croissance plus élevé (Crozet Koenig 2005), l’effet de débordement souhaité reste contrasté tout comme les vecteurs de transmission pluriels (spécialisation, complémentarité). Il s’agit de territoires isolés, parfois en dehors de la métropole administrative. Le clustering se limite à certains territoires. Un schéma métropolitain unique est difficile à dessiner, au final, les effets d’agglomération escomptés sont le résultat des politiques publiques.

Quelle stratégie adoptée ? L’exemple de la métropole du Grand Paris

 

Michel Ruffin rappelle l’importance d’accompagner les dynamiques économiques, créatrice de valeurs. Il doit exister un opérateur spatial capable de créer des connexions et de réduire l’incertitude. Ce sont ces éléments qui doivent définir la métropole plus que sa taille. L’enjeu pour la métropole du Grand Paris est de se positionner en tant que métropole moteur afin de générer du développement économique en dehors des espaces denses. Il s’agit de favoriser la capacité d’hybridation entre des univers différents ; capacité qui ne se crée pas in extenso mais par habitude et grâce aux réseaux.

 

Les leviers de développement impulsés par la métropole du Grand Paris sont triples :

  • optimiser l’effet d’entrainement sur des territoires moins denses, moins dynamiques
  • encourager ces territoires à miser sur le développement endogène en favorisant les liens avec l’innovation
  • développer les activités multi scalaires pour mettre en valeur les activités économiques franciliennes et permettre de tisser des liens à doubles sens entre les territoires.